Mission

    Le principal objectif de l’Herbier Louis-Marie est la conservation des collections de plantes acquises au fil des années, voire des siècles, fidèles reflets de notre patrimoine végétal.

    L’Herbier a également pour mission d’assurer une expertise en matière d’identification des plantes. À cet égard, il constitue un outil d’enseignement et de recherche essentiel pour la compréhension du monde qui nous entoure. Il est au service des étudiants et des professeurs de l’Université Laval, et du public en général, pour toute question d’identification et de vérification botanique de spécimens de plantes.

    L’Herbier Louis-Marie s’est aussi donné un objectif de recherche prioritaire en matière de biodiversité et plusieurs projets en cours confirment son implication concrète dans ce domaine. L’Herbier diffuse notamment ses données informatiques sur les spécimens de la collection par le biais de ce site et par différents portails de biodiversité (voir liens pour plus d'information).

    C’est en grande partie grâce aux herbiers et aux collections de sciences naturelles que l’on est maintenant en mesure de dénombrer sur la planète les principaux foyers de biodiversité menacée.

    Historique

    Les débuts de l'Herbier Louis-Marie remontent à la fondation de l'Université Laval en 1852. À cette époque, les universitaires étaient conscients de la nécessité de constituer un herbier pour servir l'enseignement et la recherche.

    L'abbé Edward John Horan a été le premier à rassembler des spécimens. Cependant, c'est l'abbé Ovide Brunet (professeur de botanique depuis 1858) qui, vers 1862, a consolidé l'herbier en créant le Musée de botanique de l'Université Laval. On y trouve à l'époque des spécimens du territoire canadien mais aussi quelques plantes d'Europe. Les collections de Michel Joseph Ahern, de Dominique Napoléon Saint-Cyr, de Joseph Schmitt de l'Île d'Anticosti et de l'abbé Léon Provancher se sont ensuite ajoutées.

    L'abbé Provancher a rédigé la première "Flore canadienne" en 1862 à l'aide de cette collection. Cette collection historique est demeurée dans les murs du site initial de l'Université au ¨Petit Séminaire" dans la vieille ville de Québec, jusqu'au début des années 1980.

    Sur le nouveau campus de l'Université Laval à Sainte-Foy, la Faculté des sciences et la Faculté de foresterie et de géodésie se sont constituées des herbiers à partir des récoltes de leurs professeurs.

    En 1962, l'Université a créé la Faculté d'agriculture qui acquiert, de l'Institut agricole d'Oka, un herbier de plus de 75000 spécimens. L'Herbier de l'Université prend alors le nom de Louis-Marie, en l'honneur du père Louis-Marie Lalonde. En 1963, l'Université fusionne les herbiers de la Faculté des sciences et de la Faculté de foresterie et de géodésie à l'Herbier Louis-Marie.

     

    Père LOUIS-MARIE

    Le père Louis-Marie, trappiste du monastère d'Oka, devient responsable du Laboratoire de botanique de l'Institut Agricole d'Oka en 1923. Les collections de plantes que lui avaient alors laissées ses prédécesseurs ne comprenaient que 1000 spécimens. Le père Louis-Marie a mené plusieurs campagnes d'herborisation en parcourant surtout le Québec méridional. L'une de ses toutes premières herborisations, en 1925, s'est faite en compagnie des frères Marie-Victorin et Rolland-Germain aux îles Mingan et à l'île d'Anticosti.

    Le père Louis-Marie contribua pendant près de 40 ans (1923-1962) à l'expansion de l'Herbier. À cette époque, l'Herbier comprenait alors 75000 spécimens. Sa carrière scientifique fut très active. Il a présenté plus de 50 travaux de recherche à l'occasion des congrès annuels de l'Association canadienne-française pour l'avancement des Sciences (ACFAS). Son oeuvre d'écrivain scientifique n'en fut pas moins impressionnante. Parmi ses écrits les plus importants, citons «Le genre Trisetum en Amérique» (1928), «Flore-manuel de la province de Québec» (3 éditions, 1930, 1951, 1959), «Le botaniste amateur en campagne» (3 éditions de 1920, 1939, 1953), «Hérédité-Manuel de génétique» (2 éditions, 1936, 1940), «Problèmes de biologie végétale» (1941) et plusieurs monographies publiées dans diverses revues scientifiques dont Rhodora.

    Lionel CINQ-MARS

    L'Herbier Louis-Marie vient de la fusion des deux écoles d’agriculture de l’Université de Montréal (campus d’Oka) et de l’Université Laval (campus de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, maintenant La Pocatière) au début des années 1960.

    Lionel Cinq-Mars a été alors nommé conservateur de l'Herbier sur le campus de l'Université Laval à Québec. Lionel Cinq-Mars, botaniste de grand talent, avait une connaissance approfondie de la flore vasculaire du Québec méridional. Il affectionnait particulièrement les violettes (Viola) et les petites poires (Amelanchier). Sa renommée était telle que les demandes d'identification ou de vérification de plantes affluaient de toutes parts. C'est ce qui lui a permis de constituer une collection considérable de spécimens lui servant de référence à l'étude de ces deux genres. De plus, il a enrichi l'Herbier d'une collection de mauvaises herbes utile à l'enseignement.

    Sous sa direction, l'Herbier acquiert en 1971 la collection de plantes nordiques d'Arthème Dutilly (12000 spécimens), préfigurant alors la vocation nordique de l'Herbier Louis-Marie. Alors que l'Herbier Louis-Marie est en pleine expansion et déborde d'activité, Lionel Cinq-Mars, meurt tragiquement le 6 août 1973. En une dizaine d'années de travail, il a su donner à l'Herbier Louis-Marie l'impulsion nécessaire afin qu'il figure parmi les herbiers les plus importants du Canada. À son décès, la collection comptait près de 150000 spécimens.

     

    Robert GAUTHIER

    De 1973 à 2003, Robert Gauthier a occupé le poste de conservateur de l'Herbier. Comme spécialiste du genre Sphagnum et de l'écologie des tourbières, Robert Gauthier a contribué au développement d'une importante collection de Bryophytes. Grâce à ses relations avec les bryologues français, il a favorisé des échanges de spécimens d'herbier des deux côtés de l'Atlantique. Les campagnes d'herborisation, l'acquisition de plusieurs collections importantes dont celles du Musée de l'Amérique française (QPH), de l'abbé Ernest Lepage (RIM), du ministère de l'Environnement (QME), de Miroslav M. Grandtner (QEF) et de Gilles Lemieux (QFF), ainsi que les échanges de spécimens d'herbier provenant de partout dans le monde, ont fortement contribué à l'augmentation de la taille de la collection dont le nombre est passé de 150000 en 1973 à plus de 467000 à son départ à la retraite, en 2003.

    C'est au début de son mandat qu'il a mis en place un registre des collections dûment répertoriées (chaque spécimen portant un numéro d'acquisition). Il a encouragé des collaborations avec divers organismes dont le Centre d'études nordiques et le ministère du Développement durable de l'Environnement et des Parcs. C'est ainsi que plusieurs spécimens des régions arctiques et subarctiques sont venus enrichir la collection de l'Herbier.

    Serge PAYETTE

    Depuis 2004, Serge Payette est le conservateur de l'Herbier Louis-Marie. Sous sa direction, la priorité est accordée à l'informatisation de la collection ainsi qu'à l'acquisition de spécimens nordiques dans l'ensemble de l'hémisphère nord.

    Serge Payette est professeur d'écologie végétale au département de biologie de l'Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche nordique du CRSNG en écologie des perturbations et membre régulier du Centre d'études nordiques. Il est considéré comme un chef de file en écologie végétale, en écologie historique et en écologie des perturbations. Il est aussi l'instigateur du projet de publication de la Flore nordique, dont deux des quatre volumes sont maintenant disponibles.