Plantes adventices envahissantes

    La collection de plantes vasculaires de l’Herbier Louis-Marie est particulièrement utile aux chercheurs qui étudient les plantes adventices. L’équipe de Claude Lavoie (CRAD) aborde l'analyse des processus favorisant la dissémination des plantes adventices dans le temps et l’espace le long de corridors naturels (rivières) et anthropiques (routes). Les plantes adventices, dont plusieurs sont considérées envahissantes, représentent 25 % de la flore du Québec. À cet égard, les spécimens d'herbier sont les principaux outils utilisés dans ce projet afin de reconstituer l’historique des invasions et d'identifier les facteurs qui en sont responsables. Une méthode a été développée afin de corriger les biais associés à la récolte des spécimens, l’effort de récolte étant très variable dans le temps et l’espace. La plupart des plantes adventices qui envahissent les milieux humides du Québec (alpiste roseau, salicaire pourpre, roseau commun, etc.) ont fait l’objet de travaux de recherche. Les plus récents portent sur les plantes qui utilisent les routes comme principales voies de dissémination (anthrisque sylvestre, herbe à poux, etc.).

     

    Changements climatiques et phénologie des espèces adventices

    Plusieurs chercheurs ont émis l’hypothèse que les plantes vasculaires des régions tempérées et nordiques ont subi l’influence des changements climatiques au cours des 100 dernières années. Il est toutefois difficile de confirmer cette hypothèse, car il existe peu de longues séquences chronologiques du changement de la date de floraison des angiospermes. Les dates de récolte des spécimens d’herbier sont utilisées pour établir des séquences chronologiques, dans la mesure où l’on tient compte des biais associés à l’effort d’échantillonnage et de certains pièges dans l’analyse des résultats. À cet égard, l’équipe de Claude Lavoie (CRAD) a développé une méthode permettant de constituer des séquences phénologiques d'une espèce répartie sur une grande région tout en tenant compte du fait que les plantes fleurissent plus tard à des latitudes plus élevées. Les séquences permettent, en outre, de mettre en évidence les liens qui existent entre la floraison des espèces et certaines variables climatiques.